Les émeutes de la faim, les raisons de la colère
Semaine du 20 avril au 26 avril
Commentaire hebdomadaire concernant 11 articles récemment mis en ligne sur www.hastasiempre.info
La révolte des pauvres
La crise alimentaire a amené les plus pauvres à se révolter, leur colère légitime contre le système des politiques mises en place par le FMI et l’OMC qui a dramatiquement réduit leur possibilité de se procurer les aliments de base tels que le blé, le riz, les produits lactés et les huiles végétales, a éclaté en Amérique latine, en Afrique et en Asie. Les pays comme Haïti, le Mexique, le Salvador, l’Argentine, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Sénégal, la Guinée Bissau, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Mozambique, l’Egypte, la Thaïlande, les Philippines et l’Indonésie ont subi des manifestations et des émeutes de la faim ces dernières semaines.
L’inflation des prix des produits essentiels à la vie quotidienne ne permet plus à des milliers de familles de se les procurer et de se nourrir, puisque la hausse des coûts de ces aliments équivaut jusqu’à 60 et 90% de leur revenu. Et ce n’est que le début de la crise prévient Jean Ziegler, le Rapporteur Spécial pour l’alimentation de l’ONU, qui estime que cette situation intolérable n’est que la pointe de l’iceberg. « On va vers une très longue période d’émeutes, de conflits, des vagues de déstabilisation régionale incontrôlable, marquée au fer rouge du désespoir des populations les plus vulnérables. Avant la flambée des prix déjà, un enfant de moins de 10 ans mourrait toutes les 5 secondes, 854 millions de personnes étaient gravement sous-alimentées ! ».
Afin de contrôler les dangereux débordements des victimes de la faim, le FAO pousse un cri d’alarme face à la menace de la stabilité nationale et à long terme mondiale. Le directeur général, Jacques Diouf, lance un appel afin que l’aide au développement soit augmentée urgemment et met en cause la Banque Mondiale qui a réduit ses dépenses pour l’agriculture.
Cette crise qui n’est pas conjoncturelle mais structurelle divise les pays importateurs et exportateurs, favorise le conflit au sein de la population entre ceux qui peuvent encore s’acheter les denrées alimentaires et ceux qui ne peuvent pas, la tension monte entre les Etats concernés et leurs citoyens les plus démunis, 37 pays du Tiers Monde risque de mourir de faim selon le FAO.
Il n’est pas nouveau qu’une partie de l’humanité meurt de faim, 100'000 personnes en meurent chaque jour. La guerre économique que mènent les pays impérialistes, à ce stade du capitalisme mondialisé afin de préserver leur domination, étrangle les pays en développement grâce à la dette, instrument néocolonial permettant de maintenir l’hégémonie des Etats-Unis et de l’Union Européenne et de nourrir ainsi la structure de l’oligarchie mondiale. En attendant, des enfants, des femmes et des hommes luttent jusqu’au bout de leur force pour survivre mais pour des millions d’entre eux, l’issue sera fatale. C’est un crime contre l’humanité.
Articles:
Qui sont les responsables des émeutes de la faim ? Jean Ziegler répond
Libération
La faim et les droits de l’homme
Jean Ziegler
Haïti, le ventre des pauvres sous contrôle des ploutocrates
Camille Loty Malebranche
La crise alimentaire
Divers
Les mobilisations continuent
Aliaa Al-Korachi et Samar Al-Gamal
Ils n'ont qu'à manger de l'éthanol!
Sharon Smith
Ebullitions sociales et crises alimentaires
Arnaud Zacharie
Mieux vaut être une vache en Europe qu’un pauvre au Burkina Faso ou le véritable contexte des droits de l’être humain à la survie
Danielle Bleitrach
Mexique: La résistance paysanne face à l’ALENA
Claudia Martinez
FAO : les biocarburants, au détriment de l’agriculture de subsistance
FAO
La renaissance de l’agenda agraire
José Graziano da Silva
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Rédaction Hasta Siempre
Genève, 21 avril 2008