Bolivie, séparatisme et lutte de classe
Semaine du 4 mai au 10 mai
Commentaire hebdomadaire concernant 6 articles récemment mis en ligne sur www.hastasiempre.info
En Bolivie, certains médias ont diffusé strictement le point de vue de l’oligarchie séparatiste, comme par exemple les chaînes de télévision Día et Untel qui ont retransmis le référendum illégal du 4 mai 2008 de la province de Santa-Cruz.
Untel a qualifié les résultats en faveur du « OUI » de « Fête de la démocratie » et a affiché sur l’écran une banderole indiquant « Jour de la Bolivie », « La Bolivie décide de son histoire », « Victoire écrasante », entre autres slogans reflétant une information partielle, manipulée et orientée afin de créer une fausse opinion. Le but est de renverser le gouvernement légitime du président de la République de BOLIVIE, Evo Morales Aima, a déclaré le ministre Alfredo Rada.
D’ailleurs, le quotidien El Deber, à forte diffusion, affirme que seulement 3,5% des bureaux de vote ont eu « quelques difficultés à être installés ». Ce pourcentage est inférieur aux bureaux de vote qui n’ont pas été mis en place dans le quatier Plan 3000, et c'est sans compter les provinces de Cordillera, Cuatro Cañada ou encore Yapacaní, a indiqué Pablo Siris, envoyé spécial de l’Agence Bolivarienne d’Information (ABN).
Il ajoute que le jour des votations à Santa-Cruz a été fortement perturbé par de graves affrontements, des dizaines de blessés, la mort d’un homme âgé suite à des troubles respiratoires dus aux gaz lacrymogènes, une faible participation des électeurs, et des provinces entières n’ont pas voté en vertu des résolutions adoptées par leur propres communautés, particulièrement les guaranis qui se sont prononcés en bloc contre le référendum séparatiste.
Les fraudes électorales ont été dénoncées, des urnes déjà remplies dès les premières heures d’ouverture des bureaux de vote, les cahiers électoraux signés par les membres du Comité Civique. De plus, des fonctionnaires et des employés d’entreprises ont subi des pressions et intimidations les obligeant à voter. Des blocages de camions ont eu également lieu et des actes de vandalisme ont été perpétrés par l’Unión Juvenil Cruceñista contre des secteurs opposés aux statuts séparatistes. Statuts dont seulement 10 à 12% des votants connaissent réellement la teneur, selon une enquête menée par les propres milieux séparatistes.
Le pourcentage de vote pour le « OUI » est bien loin d’atteindre les 80%, comme cela a été repris par les médias européens. Les autonomistes n’ont comptabilisé ni les abstentionnistes, ni les bulletins du « NON », en blancs ou encore nuls. Le pourcentage de voix refusant le référendum approcherait plutôt les 50%. De plus, selon Mario Silva, du programme de la télévision vénézuélienne La Hojilla, le pourcentage d’abstention atteindrait les 75%.
Ce qui est certain, c’est l’influence et l’appui des Etats-Unis à l’oligarchie de Santa-Cruz. Comme le souligne Néstor Kohan, la CIA applique en Bolivie un plan prévisible combinant le sécessionnisme, la guerre psychologique et le financement par la NED et l’Usaid de groupes contrerévolutionnaires. L’oligarchie tient à garder ses privilèges et a exploité les richesses naturelles du pays, le plan sépariste lui éviterait de partager ses revenus avec les régions les plus pauvres de Bolivie et la population la plus défavorisée. La lutte de classe fait donc rage en Bolivie, les plans des riches propriétaires terriens et du patronat sont teintés non seulement de racisme mais prévoient d’utiliser tous les moyens légaux ou non pour maintenir et préserver la classe dominante au pouvoir contre vents et marées, même si cela signifie défier la volonté du gouvernement d’Evo Morales et du peuple qui soutient son programme politique de nationalisation et de justice sociale.
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Rédaction Hasta Siempre
Genève, 6 mai 2008