Sommets UE-ALC: Coordination et luttes populaires
Semaine du 18 mai au 24 mai
Commentaire hebdomadaire concernant 11 articles récemment mis en ligne sur www.hastasiempre.info
Le 5ème Sommet des chefs d'Etat de l'Union européenne (UE) et de l'Amérique latine et Caraïbes (ALC) qui a eu lieu à Lima, Pérou, les 16 et 17 mai 2008, a abouti sur une déclaration de principes appuyant une coopération pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté. Les représentants des 60 pays réunis ont également décidé d'éradiquer l’analphabétisme, universaliser la distribution d’eau potable ou de trouver des solutions pour lutter contre la crise alimentaire. Les présidents vénézuélien, bolivien, équatorien et nicaraguayen ont manifesté leur volonté de défendre la souveraineté de leur Etat par rapport à l'imposition du modèle néolibéral promu par l'Union européenne et de ses multinationales. Le Mexique et le Chili ont quant à eux déjà adhéré aux Accords d'association et l'UE pourrait en concrétiser d'autres avec le Pérou et la Colombie.
3ème Sommet des Peuples
Chavez et Morales ont également participé à la rencontre alternative Enlazando Alternativas 3, le 3ème Sommet des Peuples, qui s'est tenu parallèlement au 5ème Sommet des chefs d'Etat. Evo Morales a pris la parole pour déclarer qu'il y a eu "de la démagogie" de la part de certains leaders et de la censure, lors de sessions, quand les chefs d'Etat de la gauche plus combative devaient s'exprimer. Il a ajouté que "les présidents peuvent négocier beaucoup de choses mais pas le pillage de nos ressources naturelles", "si nous voulons en terminer avec la pauvreté, nous devons en finir avec le système capitaliste".
La déclaration finale des peuples dénonce l'hypocrisie et les politiques des institutions multilatérales (OMC, FMI, BM, BID, BEI) qui prétendent occulter les véritables causes de la crise alimentaire touchant des dizaines de pays et ne proposent que "plus de libéralisation et moins de protection". Elle souligne aussi que les Accords d'Association signés par l'Union européenne, le Mexique et le Chili ont approfondi les inégalités sociales au sein du peuple mexicain et chilien. C'est un indicateur des dangers encourus par les pays négociant de tels traités de libre commerce, que ce soit par contrat bilatéral ou en bloc comme le CAN, le Marché commun du Sud (MERCOSUR) ou les pays des Caraïbes et dont le résultat ne peut être que l'augmentation de la vulnérabilité et la dépendance de leur économie, ainsi que la fracture de la dynamique d'intégration régionale et sous-régionale.
Tribunal Permanent des Peuples
Le 16 mai, François Houtart, Président du Tribunal Permanent des Peuples a lu la déclaration condamnant moralement les pratiques de 24 multinationales européennes qui détériorent les conditions des travailleurs-euses, par exemple, en persécutant les syndicats, criminalisant les opposants, plusieurs d'entre eux ont été assassinés par des forces paramilitaires. Le Tribunal des Peuples dénoncent également la contamination de l'eau, l'expansion des cultures transgéniques, les dommages causés sur la santé des peuples et la nature que ces manoeuvres génèrent, ainsi que la corruption et le système financier. Le Tribunal a également souligné qu'il existe une dette historique envers les peuples originaires qui ont subi la conquête et la colonisation de leurs territoires depuis le XVème siècle de la part des nations européennes, la conséquence dramatique en est l'exploitation et l'esclavage, ainsi que la disparition massive de ces peuples et de leurs savoirs ancestraux, science, et civilisation.
Rencontre européenne en défense des peuples zapatistes
D’autre part, une des illustrations de cette lutte pour la survie des peuples indigènes est le combat mené par les communautés du Chiapas, Mexique, et l'EZLN. Une rencontre européenne en défense des peuples zapatistes a eu lieu le 11 mai à Athènes. Les participants ont dénoncé "l'alarmante recrudescence de l'offensive déclenchée contre le mouvement zapatiste dans le Sud-est mexicain, l'offensive nettement visible de l'augmentation des activités de contre insurrection et la réactivation des groupes paramilitaires". Ils exigent "l'arrêt immédiat des expulsions des terres reprises par les zapatistes, l'arrêt immédiat des agressions et des persécutions commises par le gouvernement, les policiers, les soldats de l'armée fédérale et les paramilitaires à l'encontre des communautés en résistance". Le système mis en cause est celui du capitalisme dont le but est l'accumulation de richesses au détriment des droits individuels et collectis comme l'expriment également les partis communistes et ouvriers de l'Union européenne dans leur déclaration concernant le 5ème Sommet des chefs d’Etat de l’UE-ALC.
Déclaration des partis communistes et ouvriers de l’UE
Ils se solidarisent avec les mouvements populaires et les forces anti-impérialistes qui participent au Sommet des Peuples, ainsi qu'avec Cuba socialiste et exigent l'abolition des mesures injustes et restrictive prises par l'Union européenne à son encontre. Ils dénoncent la tournée scandaleuse de Caleb McCarry, Coordinateur de la Transition de Cuba, en Europe et demandent qu'il ne soit pas reçu par les gouvernements dudit continent. Ils condamnent fermement les essais pour déstabiliser la Bolivie et la participation des Etats-Unis, ainsi que l'inertie du reste des « puissances démocratiques » face à cette situation. L'appui de l'union européenne exprimée au gouvernement colombien par la Commission de relations extérieures et politique européenne est aussi fortement condamné. Ils exigent aussi que les FARC-EP et l'ELN soient reconnues comme forces belligérantes et retirées de la liste "d'organisations terroristes". Les partis communistes et ouvriers de l’UE terminent par une sévère critique à « l’Europe Forteresse », à sa politique d’immigration provoquant la fugue des cerveaux des pays d’Amérique latine et Caraïbes alors qu’en même temps elle nie aux travailleurs-euses immigré-es les droits sociaux et démocratiques vitaux en intensifiant leur exploitation.
Alors que des dirigeants progressistes d’Amérique latine organisent un type de coopération alternative comme l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), la Banque du Sud, le Conseil Sud-américain de Défense dans le cadre de l’UNASUR, les peuples des deux continents continuent de lutter contre le chômage, la pauvreté et l’oppression en créant des liens entre les divers mouvements de résistance afin de proposer des solutions locale et globale pour rompre avec le capitalisme et ouvrir des brèches dans la logique même du système néolibéral.
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Rédaction Hasta Siempre
Genève, 20 mai 2008
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