20 ans après la chute du mur de Berlin
Solidarité internationale pcf
Pourquoi 62% des Hongrois regrettent la Hongrie socialiste
62% des Hongrois jugent que l’ère Kadar (1957-1989) a constitué l’époque la plus heureuse de leur pays. Ils n’étaient que 53% dans le même sondage en 2001.
BL/EDT pour vivelepcf d’après une correspondance locale. Repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
La filiale hongroise de l’institut de sondage allemand gfk-Hungaria a réalisé en mai 2008 un sondage sur la perception par la population du passé de leur pays. De façon encore plus marquée qu’en 2001, les sondés considèrent que la période antérieure au changement de régime (1989) a été la « plus heureuse » de l’histoire. L’expression de cette nostalgie concerne plus particulièrement la période comprise entre 1956/8 et 1985/9, lorsque János Kádár était chef du gouvernement et premier dirigeant du parti socialiste ouvrier (PSOH) au pouvoir.
Dans le détail, l’enquête ne permet pas de visualiser les opinions exprimées en fonction de l’appartenance sociale. Toutefois, nous observons que la popularité de la période « kadarienne » diminue avec le niveau de diplôme (54% pour les diplômés de l’université et des grandes écoles, 58% chez les bacheliers, 62% chez les diplômés des lycées professionnels et 67% chez ceux qui ont arrêté leurs études avant le lycée) et avec la taille de la ville (maximum de popularité atteint dans les villes de 2 à 5000 habitants et minimum relatif à Budapest). Cette indication est suffisante pour tirer quelques enseignements sur le sentiment des classes populaires : alors que les cadres des grandes entreprises, diplômés des écoles de commerce et des universités de droit, se concentrent à Budapest, les petites villes de province abritent une population d’ouvriers et d’employés, mal payée et mal protégée, mais aussi de retraités et de chômeurs survivant dans une situation très difficile. Nous pouvons aussi supposer que les petits commerçants et artisans (dont les activités étaient restées privées du temps du socialisme) font partie des sondés favorables à ce qu’il est convenu d’appeler en Hongrie l’ « ancien régime ».
De façon assez logique, cette popularité croît avec l’âge des sondés : 80% chez les plus de 50 ans, 72% chez les 40-49 ans, 55% chez les 30-39 ans et seulement 24% chez les 15-29 ans qui n’ont pas ou à peine connu cette époque directement. Autre résultat intéressant de ce sondage : le « score exceptionnel » obtenu par les deux dernières décennies qui sont considérées par 60% des personnes interrogées comme la plus malheureuse du XXe siècle (12 points de plus qu’en 2001), loin devant la période Kádár et l’avant-guerre (13% chacune) !
L'augmentation de la sympathie pour la période Kádár depuis 2001 n’a rien d'étonnant. Le « miracle hongrois », tant célébré par la Commission Européenne avant l’élargissement de mai 2004, a pris fin il y a plusieurs années. La prospérité économique relative qu’avait connu le pays dans les années 1990 reposait sur le flux ininterrompu des investissements occidentaux. Celui-ci contribuait au développement de certaines activités dans la capitale et dans quelques grandes villes, grâce à des délocalisations industrielles (automobile, pharmacie, informatique) et l’installation de sièges sociaux (IBM). L’essoufflement de cette dynamique est dû aux nouveaux horizons des délocalisations industrielles, encore plus lointains (Roumanie, Slovaquie, Turquie), mais aussi au rapatriement du profit par les premiers investisseurs. De plus, l’abondance passagère de capitaux étrangers a eu un prix : celui de la privatisation et de la liquidation rapide du secteur industriel socialisé et celui de l’alignement sur les législations les plus libérales en ce qui concerne la protection maximale du revenu du capital, la faiblesse de l’imposition des entreprises, la ruine des systèmes sociaux solidaires et le démantèlement du droit du travail.
Les conditions de vie du plus grand nombre, déjà sévèrement détériorées par le changement de système en 1989, se sont à nouveau dégradées après 2001. Le gouvernement « libéral-socialiste » a opté de manière brutale pour une politique de rigueur. Une série de mesures visant les dernières entreprises publiques (transports), les hôpitaux (fermetures de site, privatisations, forfait hospitalier), les universités (autonomie, réduction des crédits, envolée des droits d’inscriptions) et les administrations des ministères (vente du parc immobilier, réduction du personnel) a été très durement ressentie. Dans le même temps, les impôts sur la consommation (TVA à 25%, la plus forte d’Europe) et sur le revenu (peu ou pas de progressivité) sont maintenus à des taux élevés. Enfin, les Hongrois doivent subir chaque année une hausse d’environ 10% du prix du gaz, de l'électricité et des transports. Avec une croissance plus lente, les profits n’en continuent pas moins de remplir les poches de quelques capitaines d’industrie occidentaux et hongrois, dont le premier ministre « socialiste » lui-même. On estime que le revenu médian est toujours inférieur de 30% à celui de 1989, en prenant en compte la valeur des avantages matériels comme le logement et l’accès gratuit à de nombreux services. Une grande fraction de la jeunesse, notamment étudiante, ne songe qu’à une réussite individuelle et à partir en Occident.
Le regret de la période précédente où la vie était perçue comme meilleure et surtout plus sûre est observable dans la plupart des pays de l’est. En ex-RDA, on a inventé le concept « d’Ostalgie ». Un sentiment anticapitaliste et un attachement à la « solidarité nationale » sont très aussi répandus.
Mais ce phénomène n’a pas de traduction politique. L’idéologie dominante s’efforce, efficacement pour l’instant, de couper cet état d’esprit et le regret des acquis de l’ancien système de toute référence au socialisme.
Le parti socialiste - héritier direct de l'ancien PSOH pour la structure et les cadres – s’est radicalement détourné de son passé. Au pouvoir, il s’est appliqué, d’une manière brutale et voyante, à démanteler les acquis sociaux du régime précédent, se montrant adepte d’un « libéralisme » échevelé.
Le système politique a (judicieusement) laissé au parti conservateur (droite) le rôle de défendre les quelques meubles restants (santé, universités). Il capte une partie de la protestation sociale, avec un discours souvent nationaliste et tout en développant un discours anticommuniste outrancier.
Le Parti communiste ouvrier hongrois s’efforce de s’impliquer dans le développement du mouvement social. Depuis 2 ans, le PCOH a fini de se désolidariser complètement du PS. Il n’appelle plus à voter pour lui au 2e tour et le caractérise comme un parti capitaliste comme les autres, sans identifier l’ensemble de ses adhérents à sa direction. Mais son influence et sa visibilité restent modestes, hormis sans doute quelques localités. Le PCOH fait face à une intense répression allant jusqu’à la menace d’emprisonnement de tout son bureau politique.
Une campagne internationale de solidarité a été lancée (voir appel).
Pour les communistes français, il ne s’agit pas d’utiliser les résultats de sondages comme celui-ci en Hongrie, pour réhabiliter des modèles de socialisme comme le « socialisme à la hongroise » où l’économie mixte était particulièrement développée. Mais ils permettent de contrer l’un des axes de la propagande anticommuniste, propagée notamment par l’UE et d’alimenter notre réflexion sur notre visée socialiste, sous un autre jour que le discours de la « repentance », des « valises de plomb de l’Histoire », développée par la direction du PCF depuis plusieurs années.
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Des raisons à l'ostalgie: retour sur la vie en RDA
Titre original: Looking back at life in the GDR
Par John Green, pour le Morning Star (quotidien du Parti communiste de Grande-Bretagne)
Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Il y a soixante ans, la République Démocratique Allemande (RDA) était créée à partir de la zone d'occupation Soviétique en Allemagne et en réaction à l'introduction d'une monnaie distincte dans les secteurs occidentaux et à la décision unilatérale de créer la République Fédérale en Septembre 1949.
Elle a été dissoute en 1990 quand le peuple a voté pour son rattachement à la République Fédérale.
Le premier gouvernement est-allemand était composé d'individus dont le parcours personnel était marqué par une opposition active au régime nazi. Nombre d'entre eux avaient passé des années en camps de concentration, en prison ou en exil.
Ils sont revenus déterminés à construire une Allemagne démocratique, anti-fasciste. Une Allemagne qui a commencé dans la vie avec un grand désavantage par rapport à l'Allemagne de l'Ouest. Elle comprenait seulement un tiers du territoire allemand et 17 millions d'allemands, à comparer aux 63 millions à l'Ouest, et était bien plus pauvre, n'ayant que peu d'industrie lourde et très peu de ressources naturelles.
« La RDA était probablement devenue la société la plus égalitaire en Europe »
L'une des plus grande réalisation de la RDA a été la création d'une société plus égalitaire. Des mesures ont été prises pour lutter contre les privilèges de classe et de genre et pour offrir aux enfants de la classe ouvrière de véritables perspectives tant dans le système éducatif que dans leur carrière professionnelle.
Par conséquent, la RDA était probablement devenue la société la plus égalitaire en Europe. L'égalité totale homme-femme, avec égalité salariale, était aussi consacrée dans la loi.
Les différences de salaires entre les différents types de salariés étaient tellement minimes que même les cadres supérieurs ou les ministres pouvaient difficilement être qualifiés de riches, selon les canons occidentaux.
Même en terme de logement, les différences économiques et de classe jouaient un rôle mineur. Dans toutes les régions, on trouvait une certaine mixité sociale et la cohabitation d'une population de cadres avec une population ouvrière.
L'absence de grandes différences de richesses et de privilèges de classe a créé une société plus solidaire et plus harmonieuse. Certains n'étaient pas prêt à accepter cet égalitarisme et préféraient céder aux sirènes des plus gros salaires et des opportunités de carrière venues de l'Ouest, dont l'attrait restait fort. Ce qui a mené à une hémorragie continue de travailleurs qualifiés et de cadres avant la construction du mur en 1961.
Droit à l'éducation, au travail et au logement
La RDA était une société très largement libérée des peurs existentielles. Tout le monde avait droit à l'éducation, au travail et au logement. L'accent était mis sur la société et non sur l'individualisme, ainsi que sur la coopération et la solidarité.
Ce processus de socialisation commençait avec les crèches, continuait à l'école ainsi que sur les lieux de travail et dans les HLM.
Le gouvernement déclarait que ce sont les travailleurs, qui produisaient les biens dont la société avait besoin, qui devaient être mis en avant dans la société.
Ceux qui faisaient des travaux manuels pénibles, comme les mineurs ou les métallurgistes, bénéficiaient de certains privilèges – de meilleurs salaires et une meilleure couverture médicale que ceux qui exerçaient des métiers moins éprouvants ou dangereux comme le travail dans les bureaux ou l'enseignement.
Il y avait des centres médicaux sur les lieux de travail, des docteurs et des dentistes étaient affectés aux grandes usines et à certaines institutions.
Entreprises et syndicats étaient en grande partie responsables de la garantie des soins médicaux, de l'organisation des loisirs, des mécanismes de garde d'enfants et de colonies de vacances, et même se devaient de trouver des solutions aux cas individuels de recherche de logement.
Le syndicat était propriétaire et gérait un grand nombre de maisons de retraite, de sanatoriums et de logements de vacance dont les travailleurs et leurs familles bénéficiaient pour une somme symbolique.
Le système aidait les parents qui travaillaient à résoudre le problème de la garde de leurs enfants pendant les vacances scolaires.
Dans les années 1980, près de 80% de la population pouvait partir en vacances d'une manière ou d'une autre, bien que dans la grande majorité des cas ils les passent en RDA, dans un de ces centres de vacances aux prix dérisoires.
Aucun travailleur ne pouvait être licencié, sauf pour faute grave ou incompétence. Toutefois, même dans ces cas-là, un autre travail lui était proposé.
Le revers de la médaille, c'est qu'il y avait aussi un devoir social de travailler – la RDA n'avait aucun système d'allocations chômage parce que le concept même de chômage n'existait pas.
La place centrale du « salaire socialisé » en RDA
Les niveaux de rémunération en général n'étaient pas très élevés si on les comparait aux standards européens. Mais tout le monde savait que les profits qu'ils avaient créé iraient dans le « pot commun » et qu'ils seraient utilisés pour améliorer la vie de tout le monde, et pas seulement celle d'une poignée de patrons ou d'actionnaires qui empocheraient cet excédent.
La plupart des gens reconnaissait que l'excédent qu'ils avaient créé contribuait à augmenter ce que l'on appelait le « salaire socialisé » - les aides d'Etat pour la nourriture, les vêtements, le logement, l'accès aux transports pour un prix modique et les billets bon marché pour les activités culturelles, sportives et de loisir.
L'idée d'un salaire socialisé est un concept essentiel pour toute société qui se déclare égalitaire. Elle a contribué à assurer la mise en œuvre d'une plus grande égalité entre les sexes et à saper les privilèges et l'hégémonie de classe.
Bien que de nombreuses personnes vivaient alors dans des logements sociaux aux loyers modérés, une minorité non-négligeable était propriétaire de leurs propres maisons et certains construisaient même leurs propres maisons.
Les loyers n'ont pratiquement pas bougé dans toute l'histoire de la RDA et personne ne pouvait être expulsé de sa maison. Il n'y avait donc pas de SDF ni de peur de devenir SDF.
Quand système socialiste et économie publique rimaient avec grande puissance économique
D'un pays avec peu de ressources naturelles et une industrie sous-développée, dévastée par la seconde guerre mondiale, la RDA s'est relevée au point de devenir la cinquième économie européenne et d'entrer dans le top 10 mondial.
L'économie est-allemande était caractérisée par la planification centralisée. Cela permettait au gouvernement de planifier la croissance, de fixer des priorités et de déterminer les secteurs dans lesquels investir, mais cette planification avait comme inconvénient de devenir, à grande échelle, trop rigide et trop lourde.
Cependant, un élément essentiel qui a freiné le développement de l'économie est-allemande était le boycott inflexible imposé par les gouvernements Occidentaux, empêchant l'exportation de technologies de pointe.
Plus de 90% des actifs en RDA étaient détenus par le peuple sous la forme des VEB: des « entreprises publiques ».
En revanche, en Allemagne Fédérale, à peine 10% des ménages concentraient 42% de la richesse alors que 50% des ménages détenaient 4,5% de la richesse nationale.
Le système des coopératives agricoles comme réponse à la question paysanne et rurale en RDA
Après la guerre, les grands domaines appartenant à l'ancienne aristocratie foncière, les Junkers, ont été démantelés. 500 grands domaines ont été expropriés et transformés en coopératives ou en fermes d'Etat et des milliers d'hectares ont été redistribués à près de 500 000 fermiers, travailleurs agricoles et réfugiés.
Plus tard, le gouvernement a encouragé, et parfois choyé, les fermiers afin de les pousser à rejoindre les fermes coopératives, mais les fermiers ont conservé les droits de propriété sur leurs terres.
En 1960 près de 85% des terres arables étaient incorporés aux coopératives agricoles.
En 1989, il y avait 3 844 coopératives agricoles et elles étaient une des principales réalisations de la RDA, se révélant être efficaces et une meilleure option pour les travailleurs eux-mêmes.
Pour la première fois dans l'histoire, les travailleurs agricoles ont été libérés du travail 24 heures sur 24 pour un salaire de subsistance.
Avec les coopératives agricoles gérées sur une base industrielle, les travailleurs ont pu bénéficier d'horaires de travail fixes et de systèmes de travail en rotation, de congés, de crèches pour leurs enfants, de séances de formation et des cantines d'entreprise. Tout cela a sans aucun doute contribué à enrayer le phénomène d'exode rural.
Réalisation dans les faits de la pleine égalité Homme/Femme
Pour la première fois en Allemagne, les femmes jouissaient d'une égalité de droit pleine et entière avec les hommes, que ce soit dans leur sphère privée ou sur le lieu de travail.
On leur a donné les moyens et les opportunités de pouvoir développer leur personnalité et d'avoir une carrière au-delà ou en opposition à leurs rôles traditionnels dans le foyer, comme femmes, mères et sœurs.
Près de 91% des femmes entre 16 et 60 ans étaient sur le marché du travail. La plupart des femmes voyaient dans le succès professionnel le principal critère de réussite – dans des proportions équivalentes à ce que l'on pouvait rencontrer chez les hommes.
Près de 88% de l'ensemble population adulte féminine travaillait et 8,5% suivaient des études à temps-plein
La majorité de la main d'œuvre était également hautement qualifiée. Seuls 6% des femmes n'avaient pas du tout de qualifications, tandis qu'en Allemagne Fédérale ce taux s'élevait à 24%.
Malgré ces chiffres, à la direction du gouvernement et du parti, le patriarcat continuait à sévir.
Internationalisme et soutien aux luttes d'émancipation
Les faits d'armes de la RDA en terme d'internationalisme sont exemplaires. Elle a pris au sérieux les idées de solidarité avec les nations en lutte.
Elle a envoyé des docteurs et du personnel médical au front, au Vietnam, au Mozambique et en Angola. Elle a apporté un soutien militaire, éducatif et logistique à de nombreux pays.
Elle a aussi donné à de nombreux étudiants étrangers, luttant pour s'émanciper de l'héritage colonial, la possibilité de se former et de s'éduquer en RDA.
Bien sûr, la RDA avait un certain nombre de graves lacunes en ce qui concernait les droits individuels et son caractère démocratique laissait grandement à désirer.
Mais insister uniquement sur ces aspects comme les médias dominants l'ont fait en Occident, c'est ignorer ces réalisations bien réelles.
Depuis sa disparition, de nombreuses personnes en sont venues à reconnaître et à regretter que ces véritables « acquis sociaux » dont ils bénéficiaient aient été cassés.
Malheureusement, l'effondrement de la RDA et du « socialisme d'Etat » en 1989 s'est déroulé juste avant l'effondrement du système occidental – tant loué – de « libre marché ».
John Green et Bruni de la Motte viennent d'écrire une nouvelle brochure: « Stasi Hell Or Workers' Paradise? Socialism In The German Democratic Republic - What Can We Learn From It? » (« Enfer de la Stasi ou paradis des travailleurs? Socialisme en RDA – Que pouvons-nous en apprendre? »)
Site du Morning Star: http://www.morningstaronline.co.uk
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Les Allemands de l'Est préfèrent toujours la RDA
Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
La majorité des Allemands de l'Est continue à préférer le régime socialiste de la RDA au nouvel ordre capitaliste instauré à partir du 9 novembre 1989, avec la démolition symbolique du mur de Berlin.
Selon un sondage de l'Institut Emnid, publié vendredi 26 juin dans le journal le Berliner Zeitung, la majorité des personnes interrogées considère que l'ancienne République Démocratique Allemande (RDA) avait « plus de côtés positifs que négatifs ».
Sur un panel de 1208 personnes, 49% des personnes interrogées dans l'Est du pays ont répondu qu' « il y avait quelques problèmes, mais que dans l'ensemble nous vivions bien ». Si nous ajoutons les 8% qui ont répondu qu' « en RDA, il y avait surtout des côtés positifs et que nous vivions heureux et mieux que dans l'Allemagne réunifiée d'aujourd'hui », nous en concluons que, après plus de 20 ans d'annexion, 57% de la population de l'ex-RDA continue à défendre le socialisme.
Le gouvernement allemand a tenté de dévaloriser les conclusions du sondage, laissant entendre que tout se résume à un problème d'information. Wolfgang Tiefensee, délégué du gouvernement fédéral pour la reconstruction de l'Allemagne de l'Est, a affirmé que les résultats « prouvaient qu'il fallait continuer à parler de l'histoire de la RDA ».
Tiefensee propose donc que les écoles parlent plus du quotidien qui existait en Allemagne de l'Est et de la soi-disant « révolution pacifique » de 1989/1990. En d'autres termes, ce responsable considère qu'il est nécessaire de persévérer dans la voie de la propagande pour effacer la mémoire d'un peuple. Peut-être a-t-il raison, mais il va falloir qu'il attende quelque temps encore, au moins tant que subsisteront les conditions de vie actuelles qui ne supportent même pas la comparaison avec les conditions qui existaient il y a 20 ans.
En réalité, la « modernisation » capitaliste de la RDA n'a débouché que sur un des taux de chômage les plus élevés d'Europe (13,2%), quasiment le double des taux constatés à l'Ouest. Et avec l'approfondissement de la crise, la situation sociale n'est pas prête de s'améliorer.
Numéro 1857 du 2 juillet 2009 d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais: http://www.avante.pt/
Date de publication : 2009-11-10