Le parti communiste du Venezuela propose une nouvelle politique économique

exigen-discusion-cstt

Les propositions pour une nouvelle politique économique élaborées par le Parti communiste du Venezuela (PCV ) ces derniers mois ont été ratifiées par le Comité central et seront présentées publiquement prochainement pour en débattre avec les forces composant l’alliance révolutionnaire. De même, elles seront rapportées au gouvernement national afin d’en discuter.

Le 18 octobre passé, la Direction nationale du parti, dont l’emblème est le coq rouge, s’est réunie à l’occasion de la 18e session plénière du Comité central, à laquelle ont également participé les secrétaires politiques des comités régionaux du PCV de chaque Etat du pays et le Comité exécutif national de la jeunesse communiste du Venezuela (JCV).

Les propositions pour une nouvelle politique économique visent des mesures orientées à l’industrialisation du pays et s’appuient sur la nécessité d’impliquer les travailleurs. Elles ont été présentées en fin de semaine devant près de 300 dirigeants du PCV et de la JCV, lors d’une journée nationale de rénovation des cadres pour l’application de la Ligne Politique.

Il s’agit de réflexions pour surmonter les faiblesses structurelles touchant depuis longtemps l’économie réelle du pays, laquelle continue d’être fondamentalement capitaliste, dépendante, rentière, mono-exportatrice, multi-importatrice, inefficace et peu productive.

« Ce que nous recommandons n’est ni cosmétique ni « guépardisme » (ndt, changer pour que rien ne change) mais un ensemble de mesures touchant des intérêts économiques et politiques puissants. Aujourd’hui, alors qu’il y a un investissement extraordinaire dans les importations, nous proposons de frapper ce secteur de la bourgeoisie improductif, parasitaire, et qui n’aide pas à résoudre les problèmes concrets auxquels est confronté le pays », a déclaré Carlos Aquino, membre du Bureau politique du PCV.

Seulement en 2012, plus de 78 % des devises approuvées par la CADIVI (ntd, La Commission d’administration des devises est en charge de la gestion du change au Venezuela) furent destinées aux importations étrangères avec un volume atteignant 77 milliards de dollars. Plus de 50% de ce montant a été consommé par les entreprises du secteur privé.

Carlos Aquino a expliqué que cette journée a permis de renforcer la Ligne Politique établie en 2011 par le 14e Congrès du PCV avec des propositions concrètes. En effet, l’axe central est maintenu, c’est-à-dire « la dynamique d’accumulation de forces populaires – révolutionnaires permettant d’imposer un changement du rapport de forces et approfondir le processus révolutionnaire vénézuélien ».

Le PCV a ratifié la nécessaire nationalisation complète du commerce extérieur : «  l’Etat vénézuélien doit assumer le monopole des importations par le biais d’une centrale étatique unique: pas un dollar de plus pour la bourgeoisie parasitaire, commerciale, importatrice », a réaffirmé le dirigeant.

Le Parti a souligné l’importance d’une entité centralisant les achats extérieurs du pays. Car non seulement cela supplanterait la bourgeoisie commerciale-importatrice mais permettrait aussi de réduire progressivement le volume des importations de biens superflus ou de luxe ; ainsi que de minimiser les opportunités de corruption administrative dans les processus d’acquisition des devises et maximiser l’efficacité de leur utilisation.

L’intérêt de la proposition du PCV réside aussi dans le fait que cet instrument apporte de la rigueur au contrôle douanier et fiscal, entravant ainsi la fraude fiscale et l’importation frauduleuse ou fictive; de plus elle garantit à l’État la capacité de contrôler la structure de coûts de tous les produits importés dès leur origine, pour l’établissement rigoureux des prix maximums de vente au public.

Aquino a souligné la nécessité d’une stricte discipline dans les finances publiques, simultanément à la protection du pouvoir d’achat des travailleurs à travers des mesures comme la suppression progressive de la taxe de la valeur ajoutée (TVA), car c’est une taxe régressive affectant principalement les travailleurs et travailleuses.

À cet égard, la proposition pour une nouvelle politique économique du PCV prévoit que la TVA, qui représente actuellement 31 % du budget de l’Etat, serait largement compensée par la promotion d’une « réforme de l’impôt progressiste applicable aux banques commerciales et au secteur financier, dominé par des capitaux privés ; une réforme imposant les gains annuels bruts et les transactions financières, à savoir le grand capital financier spéculatif et non les travailleurs ».

Ces deux dernières années, près de 74 % des revenus financiers bruts et environ 72 %  des gains totaux bruts du secteur correspondent à la banque privée. Et en raison de l’impôt sur le revenu (ISRL), ils ont seulement rapporté trois milliards de bolivars à l’Etat, tandis que leurs bénéfices ont dépassé les 60 milliards.

Industrialisation et contrôle ouvrier

Le PCV a exprimé le besoin urgent de promouvoir un plan national d’industrialisation et la stimulation de l’économie productive, avec un accent particulier sur la production manufacturière et agricole à grande échelle.

Ce plan, qui permettrait la substitution des importations, doit compter avec des grandes centrales ; une pour le développement agricole et une autre pour le développement industriel. Elles seraient en relation avec les priorités de la planification nationale et l’établissement de grandes entreprises publiques ou mixtes guidées par des critères d’efficacité, d’économie d’échelle et de qualité de la production.

Mais le PCV avertit que « le pays ne sera pas industrialisé sans le rôle actif des travailleurs organisés dans les processus de gestion, planification, suivi et contrôle », tout en soulignant que là réside l’importance de l’adoption du projet de Loi sur les Conseils socialistes des travailleurs et travailleuses.

En juin 2007, le PCV a présenté ledit projet de loi et le 30 juillet de cette année, après une marche nationale jusqu’à l’Assemblée nationale, un compromis législatif a été trouvé pour entamer des discussions sur cet instrument. Enfin, le 6 septembre s’est créée une commission mixte composée de députés de la commission permanente du Développement social intégral et celle du Pouvoir populaire et de communication.

Cependant, le plan de travail de la Commission mixte n’a pas encore été présenté, ni son calendrier. Ce dernier doit inclure l’élaboration de l’avant-projet de loi qui sera ensuite discuté lors de la plénière de l’Assemblée nationale et dans les assemblées de débats avec les travailleurs. Enfin, s’en suivra la votation pour le rapport final.

Traduction de Alexandra pour www.hastasiempre.info

Source: http://prensapcv.wordpress.com/2013/10/21/pcv-plantea-nueva-politica-economica/

Mots-clefs :, , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


− 3 = quatre

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>